Se préparer pour se dévoiler aux abeilles

Un travail d’enquête a donné lieu à un article dans la Revue d’Anthropologie des Connaissances : Alt-RD a participé à enquêter auprès d’apiculteurs qui se dévoilent…

Un travail d’enquête auprès d’apiculteurs professionnels dans les Pyrénées françaises nous a permis d’observer et d’analyser des situations d’activités apicoles particulières. Ces apiculteurs travaillent au rucher sans les protections habituelles en apiculture (voile, gants, combinaison). Le réseau de pairs qui fait l’objet de cet article partage la même ambition d’interagir avec les abeilles pour pouvoir mieux collaborer. Leur choix repose sur une connaissance spécifique, sur une conception relationnelle et sensible de l’apiculture mais aussi sur des actes qui préparent l’humain et l’abeille à interagir. Ces actes de préparation marquent une posture professionnelle et une relation au vivant. Il s’agit ici d’étudier en quoi travailler sans combinaison, en exprimant une conception des abeilles et des relations qu’il est possible d’entretenir avec elles, transforme les façons de penser et de faire de l’apiculture.

Légende. Mathias est ici dévoilé pour effectuer cette opération a priori risquée qui consiste à
« enrucher » ou transvaser une ruchette six cadres dans une ruche dix cadres.
Crédits illustration : Anna Dupleix-Marchal

La suite de l’article en intégralité est à consulter sur le site de la Revue d’Anthropologie des Connaissances : https://journals.openedition.org/rac/33213

Projet Better-B

Co-Actions et 17 autres partenaires européens s’associent en faveur de la restauration de l’harmonie et de l’équilibre des abeilles (Projet Better-B)

Les colonies d’abeilles mellifères montrent souvent des difficultés d’adaptation face aux stress externes tels que le changement climatique, les pesticides et les attaques parasitaires. Ces difficultés sont exacerbées par les pratiques apicoles modernes. La clé d’une apiculture résiliente est de s’inspirer de la nature pour restaurer l’harmonie et l’équilibre au sein de la colonie d’abeilles mellifères et entre la colonie et son environnement. Le consortium Better-B estime que les colonies darwiniennes sont plus à même de répondre à ces adaptations : il s’agit de colonies abandonnées ou sauvages qui ont survécu dans la nature ou qui ont été sélectionnées sur la base de ces critères d’aptitudes à la survie. Toutefois, ces colonies sont généralement dépourvues de nombreuses caractéristiques favorables importantes pour l’apiculture moderne. Les solutions proposées pour répondre à cette problématique sont de comprendre les processus et les mécanismes de sélection naturelle des colonies et d’adapter les pratiques apicoles modernes en conséquence en utilisant, le cas échéant, les avantages des technologies avancées. C’est la raison d’être de Better-B. La mise en œuvre de cette nouvelle approche de gestion apicole sera entreprise en étroite collaboration avec des apiculteurs concernés. Le rétablissement de l’harmonie et de l’équilibre doit se faire à trois niveaux : l’environnement, l’abeille mellifère et les pratiques apicoles.

Notre consortium de 18 partenaires implantés dans 14 pays est coordonné par le professeur Dirk de Graaf de l’Université de Gand en Belgique. Le consortium a reçu 6,3 millions d’euros de l’UE, du Royaume-Uni et de la Suisse pour améliorer la résilience de l’apiculture face aux stress abiotiques tels que le changement climatique, la perte d’habitat et les produits chimiques néfastes.

Nous vous invitons à nous suivre sur LinkedIn ((24) Better-B project : Présentation | LinkedIn) et à découvrir notre projet et les partenaires du consortium sur notre site web (Home | Better-B project). Le kit média Better-B (Media Kit | Better-B project) contient des éléments prêts à l’emploi pour l’impression et l’utilisation numérique dans le cadre de la couverture médiatique du projet.

Photo de l’équipe au complet lors de la réunion officielle de lancement du projet les 3 et 4 juillet 2023 à Gand (Belgique).

Le projet Better-B a reçu un financement de l’Union européenne, du Secrétariat d’État suisse à l’éducation, à la recherche et à l’innovation (SERI) et de UK Recherche et Innovation (UKRI) dans le cadre de la garantie de financement Horizon Europe du gouvernement britannique (numéro de subvention 10068544).

Projet de fin d’étude au LMGC

Ces derniers mois, nous avons accompagné un étudiant dans la mise en place de deux ruches instrumentées au Laboratoire de Mécanique et Génie Civil (LMGC) de Montpellier, dans le cadre de son projet de fin d’étude. Une dizaine de capteurs de température, un capteur de luminosité, un capteur de température de l’air extérieur ont été installés et connectés au système d’acquisition BHive développé par AltRD.

Deux ruches instrumentées au LMGC

L’objectif de ce projet était de réaliser un modèle thermique simplifié d’une ruche Dadant et de comparer les prédictions du modèle aux mesures réalisées sur ces deux ruches. Une étude paramétrique a ensuite montré l’influence de différents paramètres sur la température interne de la ruche. En parallèle, le même type d’étude a été réalisée de manière expérimentale. Par exemple, des revêtements blanc et noir ont été placés sur le toit d’une des ruches pour modifier le comportement radiatif de l’acier vis à vis des rayonnements du soleil, et évaluer l’impact sur la température interne. L’autre ruche n’étant pas modifiée, elle a servi de référence. Le poster réalisé au terme du projet est disponible ici en téléchargement.

Cette étude est un préliminaire à une étude plus exhaustive actuellement en cours dans le cadre du projet HABeeTAT.

Le projet HABeeTAT, c’est parti !

Le projet HABeeTAT (How to Adapt Beehive To climATe Change), financé par Agropolis Fondation, vise à contribuer au maintien de l’activité apicole face aux menaces majeures que représente le changement climatique. Il testera les possibilités de protéger les colonies d’abeilles contre des changements climatiques locaux spécifiques en recherchant des stratégies d’adaptation des caractéristiques des ruches et des ruchers. Ce projet permettra d’acquérir des connaissances scientifiques sur la ruche en combinant deux méthodologies différentes : des enquêtes empiriques auprès des apiculteurs et une analyse expérimentale/numérique du comportement thermique des ruches sur site, en utilisant des données sur le bois, les matériaux de construction des ruches, les sciences thermiques et les scénarios de changement climatique.

L’innovation de notre méthode de travail consiste à combiner enquête de terrain en anthropologie et modélisation numérique en mécanique du matériau bois (sciences thermiques). Cette perspective de co-construction de connaissances pour l’adaptation de la ruche au changement climatique repose sur la confrontation de connaissances humaines empiriques et de données quantitatives issues d’outils de mesure ou d’évaluation.

Date de début/fin : 01/09/2022 – 31/10/2023

Numéro de projet : 2101-022

Lien:

https://www.agropolis-fondation.fr/How-to-Adapt-Beehive-To-climATe-Change